Racheter une cave jazz sans se noyer
Une succession, c’est rarement un rayon Blue Note. C’est d’abord une odeur, des cartons mous, et trois heures devant soi.
On commence par l’humidité. Si les pochettes collent, on ouvre trois disques au hasard. Moisissure sur l’étiquette : on arrête le lot, on ne « sauve » pas vingt titres au milieu d’une cave malade.
Ensuite les doubles. Un collectionneur sérieux a souvent deux Kind of Blue et un seul Monk utile. On paie le meilleur état, on laisse le reste. La famille comprend mieux un refus expliqué qu’un prix global opaque.
Les rééditions 75e et les coffrets récents ne justifient pas le déplacement. Ce que l’on cherche : adresses New York, Impulse gatefold, BYG, premiers Pathé. Le reste peut aller à Emmaüs sans offense.
On remet une liste le jour même. Si l’on n’achète rien, le déplacement reste dû. C’est la seule façon de rester honnête avec ceux qui nous font monter six étages pour des compilations.